Investissement financier en Suisse : taxonomie des classes d'actifs, rendements réels et fiscalité

13 mai 2026 · Investissement

Un investissement financier n'est pas une décision unique : c'est le choix d'une position dans un espace multidimensionnel où chaque classe d'actifs occupe un point précis sur la frontière efficiente de Markowitz (1952). Avant de construire ou d'ajuster un portefeuille, il convient de maîtriser la taxonomie complète des instruments disponibles : leurs rendements historiques réels, leur profil de risque, leur corrélation deux à deux, et les particularités fiscales propres au cadre suisse (LSFin, LPP, AVS, droit de timbre, impôt sur la fortune). Cet article propose une cartographie rigoureuse de cet espace, chiffres et formules à l'appui.

Actions, obligations, or et immobilier : que disent les données sur 20 ans ?

Le *Global Investment Returns Yearbook 2025* publié par UBS, couvrant 125 ans de données dans 35 marchés, constitue la référence empirique incontournable. Sur la période 1900-2024, les actions mondiales ont délivré un rendement réel annualisé d'environ 5 % en CHF, avec une prime de risque de l'ordre de 3,5 % sur les obligations d'État.

La distinction entre rendement nominal et rendement réel est fondamentale. Le rendement réel se calcule via la formule de Fisher :

r_reel = (1 + r_nom) / (1 + π) - 1

π représente le taux d'inflation moyen sur la période. Avec une inflation suisse moyenne de 0,7 % par an sur 2000-2024, un rendement nominal de 6 % donne un rendement réel d'environ 5,3 %. Sur des périodes inflationnistes comme 2022-2023 (inflation suisse de 2,8 % et 2,1 %), l'érosion est plus marquée.

Sur un horizon de 20 ans, les données historiques agrégées donnent les fourchettes de rendement réel suivantes en CHF :

Classe d'actifsRendement réel annualisé (CHF)Volatilité annuelleRatio de Sharpe approx.
Actions mondiales (MSCI World)5,0 - 7,0 %15 - 18 %0,35 - 0,45
Actions suisses (SMI)4,5 - 6,5 %13 - 16 %0,35 - 0,48
Obligations CHF (Confédération)0,5 - 1,5 %4 - 6 %0,10 - 0,25
Obligations IG mondiales (hedgées CHF)1,0 - 2,5 %5 - 7 %0,15 - 0,30
Immobilier coté CH (SXI Real Estate)3,5 - 5,5 %9 - 12 %0,30 - 0,45
Or (XAU/CHF)1,0 - 3,0 %14 - 17 %0,05 - 0,20
Liquidités / dépôts CHF-0,5 - 0,5 %< 1 %n.a.

*Sources : UBS GIRY 2025 ; Dimson, Marsh & Staunton (LBS) ; SIX Swiss Exchange.*

Deux enseignements structurels ressortent. Premièrement, la prime actions sur les obligations reste positive sur tout horizon supérieur à 10 ans dans 95 % des fenêtres glissantes historiques (constat confirmé par Fama & French dans leur modèle à trois facteurs, 1992). Deuxièmement, l'or présente un rendement réel long terme modeste (~1-3 %) mais une corrélation négative avec les actifs risqués en période de crise, ce qui lui confère une valeur de diversification dans un portefeuille multi-actifs.

Une précision importante pour les investisseurs suisses : le franc fort comprime mécaniquement les rendements d'actifs étrangers non couverts. Un investisseur en CHF ayant détenu le S&P 500 non hedgé sur 2000-2024 a subi une perte de change cumulée de l'ordre de 25-30 % par rapport à un détenteur en USD. La couverture de change (hedging) a un coût (typiquement 0,5-1,5 % par an selon le différentiel de taux) qui doit être intégré dans le calcul du rendement net.

Rendement réel annualisé par classe d'actifs en CHF sur 20 ans : actions mondiales 5,0-7,0 %, actions suisses 4,5-6,5 %, immobilier coté CH 3,5-5,5 %, or 1,0-3,0 %, obligations IG mondial 1,0-2,5 %, obligations CHF 0,5-1,5 %, liquidités CHF -0,5 à 0,5 %.
Source : UBS Global Investment Returns Yearbook 2025, Dimson-Marsh-Staunton (LBS), SIX Swiss Exchange. Fourchettes historiques sur 20 ans glissants en CHF.

Du titre en direct aux ETF, fonds et produits structurés

La Suisse offre un spectre particulièrement large d'instruments d'investissement, allant des titres individuels aux produits structurés complexes encadrés par la Swiss Structured Products Association (SSPA).

Actions en direct

L'achat d'actions individuelles cotées à SIX Swiss Exchange ou sur des marchés étrangers (via un courtier réglementé FINMA ou une banque dépositaire suisse) constitue la forme d'investissement la plus directe en capital. Le risque idiosyncratique est élevé si le portefeuille est concentré : une position de 5 % en une seule action peut représenter plus de 30 % de la volatilité totale du portefeuille selon la décomposition de variance.

Fonds de placement et ETF

Les ETF répliquant des indices larges (SMI, MSCI World, FTSE Global All Cap, Bloomberg Global Aggregate) offrent une diversification immédiate à coût marginal. Les TER des ETF de grandes maisons (iShares, UBS AM, Vanguard, Swisscanto) oscillent entre 0,05 % et 0,35 % par an, contre 1,0-1,5 % pour les fonds actifs traditionnels. Sur 20 ans, un différentiel de 1 % en frais représente une sous-performance cumulée de ~18 % sur le capital investi (effet de composition).

Produits structurés

Le marché suisse des produits structurés est l'un des plus développés au monde. Selon la SSPA, le chiffre d'affaires total en 2025 a atteint CHF 235 milliards, en hausse de 18 % sur un an. La taxonomy SSPA distingue :

Catégorie SSPAPart du marché 2025Profil risque/rendement
Produits à protection du capital (≥90 % nominal)12 %Faible risque, rendement plafonné
Produits à amélioration du rendement (reverse convertibles)50 %Risque action, coupon fixe, perte possible
Produits de participation8 %Exposition directionnelle amplifiée
Produits à effet de levier (warrants, knock-outs)26 %Risque de perte totale

Les reverse convertibles, les plus vendus avec CHF 18 milliards au T3 2025, sont souvent mal compris : ils offrent un coupon attrayant (typiquement 5-12 % selon la barrière et la volatilité implicite) mais exposent l'investisseur à la livraison physique du sous-jacent en cas de franchissement de la barrière. Ce sont en réalité des options puts vendues par l'investisseur, habillées en produit de rendement.

Matières premières

L'exposition aux matières premières (or, argent, pétrole, métaux industriels) se réalise en Suisse principalement via des ETP physiquement adossés, notamment les produits émis par ZKB sur les métaux précieux. L'or ZKB est livrable physiquement, un avantage pour certains profils patrimoniaux.

Pilier 3a, LPP et leur rôle d'optimisateur fiscal

Le système des trois piliers suisse (AVS, LPP, prévoyance privée) constitue un cadre d'investissement à part entière, avec des avantages fiscaux substantiels qui modifient profondément le calcul de rendement net.

Pilier 3a : le levier fiscal par excellence

En 2025-2026, le plafond de déduction pour un salarié est de CHF 7'258 par an (CHF 36'288 pour les indépendants sans 2e pilier, soit 20 % du revenu net). Chaque franc versé dans le 3a est déduit du revenu imposable. L'économie fiscale effective dépend du taux marginal d'imposition, qui à Genève peut atteindre 40-45 % pour les tranches supérieures. Sur CHF 7'258, l'économie annuelle peut donc dépasser CHF 3'000.

Depuis le 1er janvier 2025, il est possible de racheter jusqu'à 10 années de cotisations manquantes, une opportunité de déduction fiscale concentrée pour les hauts revenus ayant des liquidités disponibles.

À l'intérieur du 3a, les fonds d'investissement accessibles permettent une allocation actions jusqu'à 100 % (selon le prestataire). Sur un horizon de 30 ans, la différence entre un 3a en fonds actions (~6 % brut) et un 3a en compte épargne (~0,5 % brut) représente un écart de capital final de l'ordre de 3x à 5x pour le même montant de cotisations. C'est l'arbitrage le plus sous-exploité dans les portefeuilles que j'audite.

LPP : prévoyance professionnelle et sur-obligatoire

Le 2e pilier offre des possibilités de rachat qui constituent également des déductions fiscales immédiates. Les rachats LPP sont particulièrement efficaces en fin de carrière, lorsque les tranches d'imposition sont les plus élevées. Le taux de conversion légal LPP s'établit à 6,8 % à 65 ans pour la part obligatoire ; la part sur-obligatoire est négociée librement avec chaque caisse de pension. Les rendements des caisses suisses ont varié de -10 % à +12 % selon les années et les stratégies de placement.

Tableau comparatif des enveloppes

EnveloppeDéduction à l'entréeImposition en coursFiscalité à la sortieLiquidité
Pilier 3aOui (déduction totale)Exonération des revenusTaux réduit séparéTrès faible (retraite/cas spéciaux)
Rachat LPPOui (déduction totale)Exonération des revenusTaux réduit séparéNulle (rente ou capital)
Compte-titres ordinaireNonImposablePas d'impôt sur gains en capitalTotale
Assurance-vie 3bPartielle (cantons)PartielleSelon produitFaible à moyenne

Impôt anticipé, impôt sur la fortune et exonération des gains en capital

La Suisse offre un régime fiscal fondamentalement favorable aux investisseurs particuliers, avec une exception notable : les gains en capital sur la fortune privée sont exonérés d'impôt (article 16 al. 3 LIFD), à condition que l'activité ne constitue pas un commerce de titres professionnel. Cette exonération est l'un des avantages les plus significatifs du cadre suisse comparé à la France (PFU 30 %), l'Allemagne (Abgeltungsteuer 25 %) ou le Royaume-Uni (CGT 24 %).

L'impôt anticipé (35 %)

L'impôt anticipé est prélevé à la source à 35 % sur les dividendes et intérêts versés par des débiteurs suisses. Concrètement, l'investisseur suisse ne perçoit que 65 % du dividende brut d'une action SMI ; les 35 % sont versés directement à l'Administration fédérale des contributions (AFC). Ces 35 % sont intégralement récupérables pour les résidents suisses via la déclaration fiscale cantonale, soit par compensation, soit par remboursement, à condition de déclarer correctement tous les revenus du capital (c'est précisément l'objectif de l'impôt anticipé : forcer la transparence).

Pour les investisseurs détenant des titres étrangers, l'impôt à la source étrangère (withholding tax) est partiellement récupérable selon les conventions de double imposition signées par la Suisse (plus de 100 conventions actives). Le taux résiduel irréductible varie : 15 % sur dividendes US (traité CH-US), 12,5 % sur dividendes français, etc.

L'impôt sur la fortune (IF)

Contrairement à de nombreux pays, la Suisse maintient un impôt annuel sur la fortune nette des personnes physiques, perçu exclusivement par les cantons et communes (pas d'IF fédéral). Les taux effectifs varient considérablement :

CantonTaux effectif IF approximatif (2025)Seuil d'exonération
Zoug0,14 - 0,21 %CHF 100'000
Zurich~0,25 - 0,40 %CHF 77'000
Genève~0,45 - 0,70 % (après réforme LEFI -15 %)CHF 87'632 (célibataire)
Vaud0,64 - 0,76 %CHF 52'000

Pour un patrimoine de CHF 5 millions à Genève, l'IF représente une charge annuelle de l'ordre de CHF 22'000 à 35'000 selon la composition du patrimoine et les déductions applicables (dettes hypothécaires, valeurs de rachat assurances, etc.). Cette charge est à considérer dans le calcul du rendement net réel de tout actif soumis à l'IF.

Implication structurelle pour le portefeuille

L'exonération des gains en capital favorise les stratégies de croissance pure (actions de croissance, ETF capitalisants) au détriment des stratégies à revenu (obligations à coupon élevé, actions à fort dividende). Un portefeuille orienté dividendes génère des revenus imposables chaque année ; un portefeuille d'ETF accumulants reporte toute réalisation à la vente, différé fiscal qui améliore substantiellement le rendement composé net.

De Markowitz à l'allocation concrète en CHF

La théorie moderne du portefeuille de Markowitz (1952) démontre que la diversification permet de réduire le risque sans sacrifier le rendement attendu, en exploitant les corrélations imparfaites entre actifs. La variance d'un portefeuille à N actifs s'écrit :

\sigma^{2}_p = \sum_i \sum_j w_i w_j \sigma _i_j

wᵢ est le poids de l'actif i, et σᵢⱼ la covariance entre les actifs i et j. La diagonale (i = j) contient les variances individuelles ; hors diagonale, ce sont les covariances qui captent les effets de diversification. Lorsque la corrélation entre deux actifs est inférieure à 1, leur combinaison réduit la volatilité agrégée à rendement attendu équivalent. C'est l'intuition centrale de la frontière efficiente.

Le ratio de Sharpe (Sharpe, 1966) mesure le rendement excédentaire par unité de risque pris :

S = (R_p - R_f) / σ_p

R_f est le taux sans risque (typiquement le rendement des obligations de la Confédération à 10 ans, autour de 0,5 à 1 % en 2026). Un Sharpe supérieur à 0,5 est considéré comme robuste sur 20 ans glissants ; au-delà de 1, il faut chercher pourquoi (souvent un biais de sélection ou un facteur de risque caché).

Les corrélations clés pour un investisseur en CHF

Paire d'actifsCorrélation historique (2000-2024)
Actions CH / Obligations CH-0,15 à +0,10
Actions mondiales / Or-0,05 à +0,15
Actions CH / Immobilier coté CH+0,45 à +0,65
Actions mondiales / CHF-0,25 à -0,40 (le CHF s'apprécie en crise)

Ces corrélations impliquent qu'un portefeuille actions suisses / obligations CHF offre une diversification limitée mais réelle, tandis que l'or apporte une protection asymétrique en période de stress.

Allocations de référence par profil

ProfilActionsObligationsImmobilier cotéOr / Matières 1èresLiquidités
Défensif (20 % actions)20 %60 %10 %5 %5 %
Équilibré (50 % actions)50 %30 %10 %5 %5 %
Dynamique (75 % actions)75 %10 %10 %5 %0 %
Offensif (100 % actions)90 %0 %5 %5 %0 %

*Rendements réels attendus (CHF, horizon 20 ans) : défensif ~1,5-2,5 % ; équilibré ~3,0-4,5 % ; dynamique ~4,0-5,5 % ; offensif ~4,5-6,5 %.*

L'apport de Fama & French (1992)

Fama et French ont démontré que deux facteurs systématiques, la taille (small cap vs large cap) et la valorisation (value vs growth, mesurée par le ratio book-to-market), expliquent une part substantielle des rendements excédentaires des actions au-delà du seul bêta de marché. En pratique, cela justifie une surpondération des petites capitalisations suisses (SPI Extra vs SMI) et des titres à forte décote dans une allocation à long terme.

Le coût composé des frictions : frais, fiscalité, inflation

La performance brute d'un portefeuille n'a pas d'intérêt en soi. Ce qui compte, c'est ce qu'il reste après trois couches de frottements : les frais, la fiscalité courante et l'inflation. Cumulés sur 30 ans, ces frottements peuvent diviser par deux le capital final.

Couche 1 : frais directs

TER ETF + courtage + spread bid-ask + droit de timbre. Pour un investisseur efficient (ETF UCITS bon marché, IBKR ou Swissquote, DCA mensuel), le total annuel ressort autour de 0,2 à 0,4 % par an. Pour un portefeuille en fonds actifs ou en mandat bancaire classique, il monte facilement à 1,5 à 2,5 % par an.

Couche 2 : fiscalité courante

Impôt sur la fortune (0,2 à 0,7 % du patrimoine selon le canton), impôt sur les dividendes et coupons reçus (revenu ordinaire, taux marginal jusqu'à 45 % à Genève). Pour un portefeuille orienté dividendes avec rendement 3 % brut détenu à Genève, la fiscalité courante équivaut à 0,8 à 1,2 % par an de rendement perdu. Un portefeuille d'ETF accumulants subit uniquement l'IF, autour de 0,4 à 0,6 % par an.

Couche 3 : inflation

Moyenne suisse 2000-2024 ≈ 0,7 % par an ; pics ponctuels à 2,8 % en 2022. Sur 30 ans, c'est environ 25 % de pouvoir d'achat érodé sur les rendements nominaux non réinvestis.

Exemple chiffré sur 30 ans, capital initial 100'000 CHF, rendement brut 7 % par an

ScénarioFraisFiscalitéInflationCapital final réel
Mandat bancaire actif, hors 3a1,8 %1,0 %0,7 %~225'000 CHF
ETF accumulants, hors 3a0,3 %0,5 %0,7 %~440'000 CHF
ETF + max 3a actions0,3 %0,2 %0,7 %~520'000 CHF

La différence entre le pire et le meilleur scénario, sur le même rendement brut, dépasse 300'000 CHF de capital final réel. Le différentiel n'est pas marginal : il représente 2,5 à 3 fois la mise initiale en pouvoir d'achat. C'est précisément pourquoi la structuration patrimoniale (choix d'enveloppes, type d'instruments, fiscalité) compte parfois plus que la sélection de titres elle-même.

Mise en pratique et accompagnement

La combinaison optimale pour un investisseur suisse à fort patrimoine est généralement la suivante : compte-titres ordinaire en ETF accumulants (exploitant l'exonération des gains en capital), maximisation annuelle du pilier 3a en fonds actions, rachats LPP ciblés les années de revenus exceptionnels. Cette structure exploite simultanément les avantages de la frontière efficiente et du différé fiscal suisse.

Au-delà de CHF 500'000, les mandats de gestion discrétionnaire auprès d'une banque privée suisse deviennent compétitifs (frais totaux : 0,5-1,2 % par an selon le volume). Entre CHF 100'000 et CHF 500'000, un portefeuille ETF auto-géré avec rééquilibrage annuel reste l'option la plus efficiente. En dessous de CHF 100'000, les plateformes de trading en ligne réglementées FINMA (Swissquote, PostFinance, Saxo Bank CH) offrent le meilleur rapport coût-accès.

Si vous souhaitez auditer l'exposition réelle de votre portefeuille (concentration sectorielle, corrélations effectives, sensibilité au CHF, friction fiscale cumulée) et structurer une allocation alignée sur votre horizon et votre profil de risque, je travaille avec des investisseurs suisses qualifiés en tant que consultant en finance quantitative basé à Genève. Prenez contact via quantalytics.ch pour un premier échange sans engagement.

Avertissement : Cet article est publié à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil en investissement, une recommandation personnalisée ni une incitation à acheter ou vendre des instruments financiers. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Tout investissement comporte des risques, y compris la perte du capital investi. Consultez un conseiller financier agréé avant toute décision d'investissement. John Bergerat Quantalytics n'est pas un établissement financier au sens de la FINMA.

Points clés

  • Les actions mondiales ont délivré un rendement réel annualisé de 5,0-7,0 % en CHF sur 20 ans (UBS GIRY 2025), contre 0,5-1,5 % pour les obligations d'État helvétiques. Un écart de 4-5 points qui double le capital réel tous les 14-18 ans.
  • Formule de Fisher : un rendement nominal de 6 % avec une inflation suisse moyenne de 0,7 % donne 5,3 % réel. Sur 30 ans, l'inflation érode environ 25 % du pouvoir d'achat des gains nominaux.
  • En Suisse, les gains en capital sur la fortune privée sont exonérés d'impôt (art. 16 al. 3 LIFD), faisant des ETF accumulants et des actions de croissance les instruments les plus fiscalement efficients sur long horizon.
  • Pilier 3a 2025-2026 : déduction fiscale de CHF 7'258 pour un salarié, possibilité de rachats rétrospectifs sur 10 ans depuis janvier 2025. Pour un contribuable genevois au taux marginal de 42 %, l'économie immédiate dépasse CHF 3'000 par an.
  • L'impôt sur la fortune cantonal représente 0,14 à 0,76 % du patrimoine net selon le canton. À Genève, un patrimoine financier de 5 millions CHF génère 22'000 à 35'000 CHF de charge annuelle à intégrer dans le rendement net réel.
  • Marché suisse des produits structurés : 235 milliards CHF en 2025, dont 50 % en reverse convertibles. Économiquement des puts vendus habillés en rendement, à ne pas confondre avec des placements à capital garanti.
  • Sur 30 ans avec un rendement brut 7 %, les frictions cumulées (frais, fiscalité, inflation) font la différence entre 225'000 CHF (mandat actif) et 520'000 CHF (ETF + 3a max) pour un capital initial de 100'000 CHF.

Questions fréquentes

Les gains en capital sur les actions sont-ils imposés en Suisse ?

Non, pour les personnes physiques détenant des titres dans leur fortune privée, les gains en capital réalisés à la vente sont exonérés d'impôt en Suisse (art. 16 al. 3 LIFD). Cette exonération s'applique aux actions, ETF, obligations vendues avec plus-value, et à la plupart des produits structurés. Elle ne s'applique pas si l'activité est qualifiée de commerce professionnel de titres par l'administration fiscale (critères : fréquence, volume, recours à des fonds empruntés). Les dividendes et intérêts perçus, en revanche, sont pleinement imposables comme revenu ordinaire.

Quelle est la différence entre rendement nominal et rendement réel ?

Le rendement nominal est le rendement brut annoncé d'un placement, avant déduction de l'inflation. Le rendement réel corrige ce nominal de l'érosion monétaire via la formule de Fisher : r_reel = (1 + r_nom) / (1 + π) - 1, où π est l'inflation moyenne. Avec une inflation suisse moyenne de 0,7 %, un rendement nominal de 6 % donne environ 5,3 % réel. Pour les comparaisons internationales et la planification long terme (retraite, achat immobilier), seul le rendement réel a un sens économique.

Quelle est la différence entre le pilier 3a et un compte-titres ordinaire pour investir ?

Le pilier 3a offre une déduction fiscale immédiate à l'entrée (jusqu'à CHF 7'258 en 2025-2026 pour un salarié), une exonération des revenus pendant la phase d'accumulation, et une taxation réduite à la sortie. En contrepartie, les fonds sont bloqués jusqu'à la retraite (sauf exceptions : achat résidence principale, départ définitif de Suisse, création d'entreprise). Un compte-titres ordinaire offre une liquidité totale et l'exonération des gains en capital, mais les dividendes et intérêts générés sont imposables chaque année. Pour un investisseur ayant un horizon long et un revenu élevé, les deux véhicules sont complémentaires et non substituables.

Comment fonctionne l'impôt anticipé sur mes dividendes suisses ?

L'impôt anticipé est prélevé à 35 % à la source sur tous les dividendes et intérêts versés par des débiteurs domiciliés en Suisse. Votre banque ne crédite donc que 65 % du dividende brut. Pour les résidents suisses déclarant correctement leurs revenus, les 35 % sont intégralement récupérables via la déclaration fiscale cantonale, soit par imputation sur les impôts dus, soit par remboursement en espèces. L'impôt anticipé n'a donc pas de coût net pour l'investisseur transparent : il représente uniquement un décalage de trésorerie d'environ 12 mois. Pour les titres étrangers, c'est la retenue à la source du pays émetteur qui s'applique, partiellement récupérable selon les conventions de double imposition.

Comment commencer à investir avec un petit montant en Suisse ?

Pour un capital inférieur à CHF 50'000, la combinaison optimale est : (1) ouverture d'un compte chez Swissquote, PostFinance ou Saxo Bank CH (tous réglementés FINMA) ; (2) achat mensuel automatisé (DCA) d'un ETF mondial UCITS bon marché (SWRD, IWDA ou VWRL), TER autour de 0,12-0,22 % ; (3) en parallèle, ouverture d'un pilier 3a en fonds actions chez Viac, Finpension ou True Wealth, avec cotisation maximale annuelle (CHF 7'258 pour un salarié). Cette structure capture immédiatement la diversification mondiale, l'avantage fiscal du 3a et l'exonération des gains en capital. Les frais totaux ressortent autour de 0,5 % par an, contre 1,5-2 % pour un produit d'assurance traditionnel.

Les produits structurés suisses (reverse convertibles) sont-ils adaptés à un investisseur patrimonial ?

Les produits structurés à amélioration du rendement, notamment les reverse convertibles, représentent 50 % du marché suisse des produits structurés (CHF ~118 milliards en 2025). Ils offrent un coupon fixe attrayant (5-12 % selon barrière et volatilité implicite) mais exposent l'investisseur à recevoir le sous-jacent à un prix défavorable si la barrière est franchie. Économiquement, c'est la vente d'une option put par l'investisseur, avec encaissement de la prime. Ces produits sont pertinents dans un portefeuille diversifié sur des sous-jacents que l'investisseur accepterait de détenir en direct. Ils ne doivent pas être utilisés comme substitut de liquidités : le risque est celui d'une action, pas d'un dépôt.

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En tant que consultant en finance quantitative, j'accompagne les investisseurs dans la construction de portefeuilles, la gestion des risques et le développement de stratégies systématiques.

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