Comment investir dans les matières premières depuis la Suisse
27 juillet 2026 · Or & matières premières
Entre avril 2006 et l'été 2026, le baril de WTI est passé d'environ 69 à environ 90 USD, soit une hausse de l'ordre de 30 %. Sur la même période, le principal fonds pétrolier coté du monde a perdu 6,60 % par an depuis son lancement, soit près des trois quarts du capital. Il n'y a eu ni fraude, ni erreur de gestion, ni malchance. La question « comment investir dans les matières premières » en cache donc une autre, plus utile : qu'achetez-vous réellement quand vous achetez un baril que vous ne stockerez jamais ? Cet article y répond depuis la Suisse, avec ses règles fiscales à elle.
Deux familles d'actifs que tout oppose
Le pétrole, le cuivre et le blé se consomment. On les extrait, on les transporte, on les brûle ou on les transforme, et les garder en stock coûte de l'argent tous les jours. L'or, lui, ne se consomme pas : il change de coffre. Cette différence physique commande tout le reste, y compris votre relevé de compte.
Pour un particulier, l'or s'achète tel quel. Un lingot, une pièce, ou une part de fonds adossé à du métal alloué. Vous détenez la chose. Les matières premières cycliques, non : personne ne viendra livrer 1'000 barils dans votre garage ni 25 tonnes de maïs. L'exposition passe donc presque toujours par des contrats à terme, que l'émetteur du produit doit revendre avant l'échéance et remplacer par la suivante. Ce roulement mensuel n'est pas un détail d'exécution. Sur longue période, il devient le premier déterminant de votre résultat, devant le prix de la matière elle-même.
En Suisse, le poids de l'or n'a rien d'abstrait. La Banque nationale suisse détenait 1'040 tonnes à fin 2025, valorisées 115,4 milliards CHF pour un bilan total de 893,9 milliards. Le prix de référence est passé de 76'011 CHF le kilo fin 2024 à 110'919 CHF fin 2025, ce qui a produit 36,3 milliards CHF de gain de valorisation sur un seul exercice. Cette variation dit deux choses à la fois : l'or est un actif de réserve, et l'or bouge violemment.
Ranger ces deux familles dans la même poche de portefeuille sous l'étiquette commune « matières premières » est la première erreur, et elle coûte cher. Elles ne répondent pas à la même question, ne se détiennent pas de la même façon, et en Suisse elles ne sont même pas taxées de la même manière.
Le contango, ou comment vous vendez de l'assurance sans le savoir
Un fonds indiciel sur le pétrole ne possède pas de pétrole. Il possède un contrat qui expire, disons dans un mois. Avant l'échéance, il le vend et achète le contrat suivant. Quand ce contrat suivant coûte plus cher que celui qui expire, le fonds vend bas et rachète haut, tous les mois, mécaniquement. C'est le contango, et le manque à gagner porte un nom : le rendement de portage négatif.
Ce n'est ni une anomalie ni une faute de l'émetteur. Le contango est le prix normal du stockage, du financement et de l'assurance sur une marchandise encombrante. Quand vous achetez un produit à terme sur le pétrole, vous n'achetez pas du pétrole : vous vendez une couverture de stockage à un producteur, à un prix que vous ne fixez pas. L'état inverse existe. En backwardation, l'échéance lointaine cote moins cher que la proche, signe d'une pénurie physique, et le portage devient positif. Les deux régimes sont normaux. Aucun des deux ne se prévoit.
Le 20 avril 2020 en donne l'illustration la plus brutale. Le contrat WTI d'échéance mai s'est réglé à -37,63 USD le baril, une première depuis le lancement des contrats trente-sept ans plus tôt. Le même jour, l'échéance de juin clôturait à 20,43 USD, en baisse de 4,60 USD. Cinquante-huit dollars d'écart entre deux dates séparées de trente jours.
Ensuite, le baril est remonté fort. Le prix spot moyen à Cushing est passé d'environ 16,5 USD en avril 2020 à environ 47 USD en décembre, près du triple en huit mois. Le porteur de fonds pétrolier n'a pas touché cette hausse. Retenez la distinction, car la presse la piétine en permanence : le prix spot, l'indice excess return (spot plus roulement) et l'indice total return (plus rémunération du collatéral) sont trois choses différentes.
Vingt ans de fonds pétrolier coté : le compte est fait
Le United States Oil Fund a été lancé le 10 avril 2006. Ce mois-là, le WTI valait environ 69 USD le baril en moyenne mensuelle. Fin juillet 2026, il s'échange autour de 90 USD, environ 30 % de plus. Le fonds, lui, affiche -6,60 % par an depuis sa création, ce qui représente près des trois quarts du capital détruits en vingt ans.
Le chiffre le plus dur n'est pas la moyenne, c'est la perte maximale : près de 98 %, amorcée au sommet pétrolier de l'été 2008 et jamais récupérée depuis. Le problème est donc structurel et bien antérieur à 2020. L'épisode des prix négatifs a rendu le mécanisme visible, il ne l'a pas créé.
Au printemps 2020, le produit a changé de nature en cours de route. Pour éviter de rester coincé sur l'échéance la plus proche, l'émetteur a étalé ses positions sur plusieurs mois de la courbe, puis modifié son objectif de placement. L'acheteur de mars ne détenait plus tout à fait le même instrument en juin. Rien d'illégal là-dedans, mais retenez la leçon : un produit à terme peut être réécrit pendant que vous le détenez.
Il y a une suite judiciaire. Le 8 novembre 2021, la SEC et la CFTC ont sanctionné le fonds et son commandité pour 2,5 millions USD, au titre de déclarations trompeuses faites entre le 24 avril et le 21 mai 2020 sur les limites de position imposées par son courtier. Le reproche portait sur la communication de l'émetteur, pas sur le roulement des contrats, documenté noir sur blanc dans le prospectus.
Mon avis est net : ce produit a fait exactement ce qu'il annonçait. L'erreur venait de l'acheteur, qui croyait acheter du pétrole et achetait en réalité une position à terme reconduite chaque mois, avec 0,60 % de frais courants par-dessus. Son encours reste de l'ordre du milliard de dollars.
Ce que les matières premières ont vraiment rapporté
Trois fenêtres, trois verdicts opposés. Sur quinze ans arrêtés fin juillet 2026, le S&P GSCI Total Return a rapporté 0,32 % par an, le S&P 500 Total Return 14,13 %. Sur dix ans, 9,67 % contre 14,95 %. L'honnêteté oblige à donner la troisième : sur cinq ans, le classement s'inverse, 16,54 % pour les matières premières contre 12,54 % pour les actions américaines.
Cette instabilité est le vrai message. Une classe d'actifs dont le rendement passe de 0,32 % à 16,54 % par an selon la date de départ retenue n'a pas de rendement attendu identifiable. Une action est une créance sur des bénéfices futurs, une obligation sur des coupons. Un baril reste un baril, et il coûte de l'argent à garder.
L'or ne fait pas mieux sur ce terrain, au contraire. Selon le Global Investment Returns Yearbook 2026 de Dimson, Marsh et Staunton, l'or rapporte 1,3 % par an en termes réels depuis 1900 en dollars, son prix réel ayant été multiplié par 5,2 en 125 ans. Sur la même base, 1 USD investi en actions américaines en 1900 vaut 124'854 USD fin 2025 en nominal, contre 284 USD pour les obligations longues et 69 USD pour les bons du Trésor.
D'où vient alors l'argument de diversification ? D'un raisonnement juste appliqué au mauvais véhicule. Si vous détenez un fonds d'actions mondiales, vous êtes déjà exposé à l'énergie, aux mines et à la chimie, par des sociétés qui encaissent le portage au lieu de le payer, qui couvrent leur production et qui vous versent des dividendes pendant que vous attendez le prochain cycle. Ajouter un ETF matières premières par-dessus revient à payer pour une exposition que vous avez déjà, dans sa version la plus coûteuse. Évitez cela.
L'or contre la hausse des prix : le mythe ne tient pas
Trois sources indépendantes, trois méthodes différentes, une seule conclusion. Un : depuis 1900, on compte 28 années où l'inflation a dépassé 3 %, et l'or a terminé en territoire négatif dans 13 d'entre elles. Presque une fois sur deux. Deux : Erb et Harvey, dans le Financial Analysts Journal en 2013, mesurent le lien statistique entre le rendement de l'or et l'inflation américaine de janvier 1975 à mars 2012. Le R² vaut 15,5 % à un an et 0,0 % à vingt ans. Plus l'horizon s'allonge, moins le métal suit les prix, ce qui est l'inverse exact de ce qu'on vous raconte.
Trois, et ce chiffre devrait fixer les idées : le sommet du 21 janvier 1980, 850 USD l'once, représente environ 3'590 USD de 2025. Ce niveau réel n'a été retrouvé qu'en septembre 2025, quand l'once a touché 3'674,27 USD. Quarante-cinq ans d'attente, sans un centime de coupon entre-temps. Quand on parle de record sur l'or, il faut toujours préciser nominal ou réel.
L'actualité récente rappelle la même leçon dans l'autre sens. L'once cote environ 4'070 USD fin juillet 2026, en repli d'environ 27 % par rapport au sommet nominal proche de 5'600 USD atteint fin janvier. Un quart de la valeur effacé en six mois : ce n'est pas un substitut au compte d'épargne.
Une nuance, parce qu'elle est réelle. Sur les 54 années qui suivent la fin de Bretton Woods, le rendement réel annualisé de l'or ressort à 4,7 % aux États-Unis, 5,8 % au Royaume-Uni et 4,3 % en Suisse. La moyenne depuis 1900 écrase cette période, mais l'or de l'ère des changes flottants n'est pas celui de l'étalon-or.
Alors pourquoi en détenir ? Pour une raison que le métal est seul à offrir : c'est le seul actif liquide sans contrepartie, sans émetteur et sans risque de crédit. Il ne dépend ni de la solvabilité d'un État, ni de celle d'une banque, ni du bon fonctionnement d'une chambre de compensation. C'est une assurance contre la défaillance du système financier, pas un traceur de l'indice des prix. Détenez-en pour cette raison, ou n'en détenez pas.
Fiscalité suisse : le métal est mieux traité que le titre
L'or d'investissement est exonéré de TVA en Suisse. L'argent, le platine et le palladium ne le sont pas : ils supportent le taux normal de 8,1 %, en vigueur depuis le 1er janvier 2024 (7,7 % auparavant). Concrètement, un lingot d'argent doit s'apprécier de 8,1 % avant que l'acheteur ne revienne simplement à l'équilibre. Cela suffit à écarter l'argent métal comme placement pour un résident suisse. Le pays reste malgré tout plus doux que ses voisins, où le même lingot supporte 19 % en Allemagne, 20 % en France et en Autriche, 21 % en Belgique et aux Pays-Bas, 22 % en Italie.
Attention au seuil de pureté, presque toujours mal cité. L'article 44 OTVA exige au minimum 995/1000 pour les lingots et barres, avec indication du titre et poinçon d'un essayeur-fondeur reconnu, et 900/1000 pour les monnaies ayant ou ayant eu cours légal dans leur pays d'émission. Le seuil légal n'est pas 999,9. Un Vreneli à 900/1000 est exonéré, une médaille à 999,9 sans statut monétaire ne l'est pas automatiquement.
Vient ensuite le meilleur du régime suisse. Le gain en capital sur la fortune mobilière privée échappe à l'impôt sur le revenu (art. 16 al. 3 LIFD), sous réserve d'une requalification en commerce professionnel de titres selon les critères de la circulaire AFC n° 36. Et l'impôt anticipé de 35 % n'a aucune prise sur l'or, pour une raison mécanique : le métal ne produit aucun revenu, l'assiette est nulle. Rien à retenir, rien à récupérer, aucune procédure à engager. Un fonds obligataire de droit suisse, lui, ne vous verse que 65 % de son revenu brut avant remboursement.
Deux contreparties, que presque aucun article ne mentionne. L'or entre dans la fortune imposable, déclaré à sa valeur au 31 décembre selon la liste des cours de l'AFC et taxé chaque année au niveau cantonal et communal, avec des taux très variables d'un canton à l'autre. Et l'achat d'un ETF or coté déclenche le droit de timbre de négociation, 1,5 pour mille sur un titre suisse, 3 pour mille sur un titre étranger. Le lingot n'est pas un titre : aucun droit de timbre.
En pratique : ce que j'achèterais, et ce que je laisserais de côté
Un point juridique que peu d'articles francophones relèvent. Dans l'Union européenne, un fonds UCITS ne peut pas détenir un actif unique, donc les produits or vendus aux Européens ne sont pas des fonds mais des ETC, c'est-à-dire des titres de créance émis par un véhicule ad hoc. Le résident suisse, lui, accède à de vrais placements collectifs de droit suisse à réplication physique cotés à la SIX (ZGLD, AUUSI, CSGOLD). Les frais courants publiés pour ces trois produits vont de 0,19 % à 0,40 % par an, chiffres à confirmer sur la fiche de l'émetteur avant tout ordre.
La livraison en métal est souvent mise en avant comme argument de sécurité. Elle porte sur des lingots standard de 12,5 kg, soit environ 1'386'000 CHF au prix de référence de fin 2025. Autant dire une option théorique pour un particulier. Si vous voulez de l'or physique en propre, la question devient celle du coffre, bancaire ou privé, et de son coût annuel. Le port franc genevois, souvent cité, ne dispense de rien : il suspend la TVA, il ne l'annule pas, et la taxe devient exigible dès que le métal entre sur le territoire douanier. Cette nuance ne concerne que l'argent, le platine et le palladium, puisque l'or est exonéré de toute façon.
Ma position tient en deux lignes. Zéro pour cent en matières premières cycliques par contrats à terme : vous payez le portage, vous ne touchez aucun revenu, et vous détenez déjà l'exposition via vos actions. Cinq à dix pour cent en or, physique ou en fonds physique suisse, comme assurance de bilan et non comme moteur de rendement. Dernier avertissement de méthode : les données de marché du World Gold Council sont utilisables, mais leurs recommandations d'allocation émanent de l'organisation professionnelle des producteurs d'or. Lisez-les comme telles.
Vous souhaitez aller plus loin ? En tant qu'analyste quantitatif basé à Genève, j'accompagne investisseurs et institutions sur exactement ce type de question : mesurer le rendement de portage d'une exposition, séparer le prix spot de la performance réellement encaissée, et vérifier ce qu'une allocation en or apporte ou n'apporte pas à un portefeuille existant, chiffres à l'appui.
Avertissement : cet article est informatif et éducatif. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une incitation à acheter ou vendre un instrument financier. Les matières premières et les métaux précieux sont des actifs volatils, sans revenu, exposés au risque de change, au risque de contrepartie pour les produits cotés et, pour les véhicules à terme, à un rendement de portage pouvant amputer durablement le capital, comme l'illustre une perte maximale proche de 98 % sur le principal fonds pétrolier coté. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Le traitement fiscal dépend de votre situation personnelle et de votre canton de domicile, et peut évoluer : consultez un conseiller agréé ou votre administration fiscale avant toute décision. John Bergerat Quantalytics n'est pas un établissement financier au sens de la FINMA.
Points clés
- •Entre avril 2006 et l'été 2026, le baril de WTI a gagné de l'ordre de 30 % pendant que le principal fonds pétrolier coté perdait 6,60 % par an, soit près des trois quarts du capital.
- •Le 20 avril 2020, le contrat WTI de mai s'est réglé à -37,63 USD le baril alors que celui de juin clôturait à 20,43 USD le même jour, soit 58 USD d'écart entre deux échéances distantes de trente jours.
- •Sur quinze ans arrêtés fin juillet 2026, le S&P GSCI Total Return a rapporté 0,32 % par an contre 14,13 % pour le S&P 500 Total Return.
- •Sur cinq ans le classement s'inverse (16,54 % contre 12,54 % par an), preuve que le résultat des matières premières dépend presque entièrement de la fenêtre choisie.
- •Depuis 1900, l'or rapporte 1,3 % par an en termes réels, et sur les 28 années où l'inflation a dépassé 3 % il a fini en négatif 13 fois.
- •L'or d'investissement est exonéré de TVA en Suisse dès 995/1000 (900/1000 pour les monnaies ayant cours légal), alors que l'argent, le platine et le palladium supportent 8,1 %.
- •Aucun impôt sur le gain en capital privé ni impôt anticipé sur l'or, mais impôt sur la fortune chaque 31 décembre et droit de timbre de 1,5 pour mille à l'achat d'un ETF or suisse.
Questions fréquentes
Faut-il détenir des matières premières dans un portefeuille suisse ?
Pour la partie cyclique (pétrole, cuivre, blé), ma réponse est non pour la très grande majorité des particuliers. Sur quinze ans arrêtés fin juillet 2026, le S&P GSCI Total Return affiche 0,32 % par an contre 14,13 % pour le S&P 500 Total Return. Un fonds d'actions mondiales vous expose déjà à l'énergie, aux mines et à la chimie, par des sociétés qui encaissent le portage au lieu de le payer et qui versent des dividendes. L'or relève d'un autre raisonnement : une poche de 5 à 10 % se défend comme assurance, jamais comme moteur de performance.
Pourquoi un ETF matières premières peut-il perdre de l'argent quand le prix monte ?
Parce qu'il détient des contrats à terme qu'il doit remplacer avant chaque échéance. En contango, le contrat suivant coûte plus cher que celui qui expire, et le fonds vend bas puis rachète haut tous les mois. Le cas d'école reste 2020 : le prix spot du WTI est passé d'environ 16,5 USD en avril à environ 47 USD en décembre, près du triple en huit mois, sans que le porteur de fonds en profite. Sur vingt ans, le baril a gagné de l'ordre de 30 % pendant que le principal fonds pétrolier coté perdait 6,60 % par an.
L'or physique est-il vraiment exonéré d'impôt en Suisse ?
Non, et la formule « aucun impôt sur l'or en Suisse » est fausse. L'or d'investissement est exonéré de TVA (art. 44 OTVA) et le gain en capital privé échappe à l'impôt sur le revenu (art. 16 al. 3 LIFD). Mais le métal entre dans la fortune imposable, déclaré à sa valeur au 31 décembre et taxé chaque année au niveau cantonal et communal. Le lingot échappe au droit de timbre, contrairement à un ETF or coté qui supporte 1,5 pour mille sur un titre suisse et 3 pour mille sur un titre étranger.
Or physique ou ETF or coté à la SIX ?
Les produits cotés à la SIX comme ZGLD, AUUSI ou CSGOLD sont des placements collectifs de droit suisse à réplication physique, ce qui les distingue des ETC européens qui sont juridiquement des titres de créance. Les frais courants publiés vont de 0,19 % à 0,40 % par an, à vérifier sur la fiche de l'émetteur avant tout achat. La livraison en métal existe mais porte sur des lingots standard de 12,5 kg, soit environ 1'386'000 CHF au prix de référence de fin 2025 : autant dire une option théorique. Le lingot détenu en propre évite le droit de timbre et les frais courants, mais ajoute le coût du coffre et un écart achat-vente plus large.
Pourquoi l'argent métal est-il pénalisé pour un résident suisse ?
Parce que l'exonération de TVA vise l'or, pas les métaux précieux en général. L'argent, le platine et le palladium d'investissement supportent le taux normal de 8,1 % depuis le 1er janvier 2024. Un lingot d'argent doit donc s'apprécier de 8,1 % avant que l'acheteur ne revienne simplement à l'équilibre. Le stockage en port franc ne règle rien : il suspend la TVA, il ne l'annule pas, et la taxe devient exigible dès que le métal entre sur le territoire douanier suisse.
L'or protège-t-il de l'inflation ?
Pas sur l'horizon d'un investisseur, et les données sont convergentes. Depuis 1900, sur les 28 années où l'inflation a dépassé 3 %, l'or a terminé en négatif dans 13 d'entre elles. Erb et Harvey mesurent un R² de 15,5 % à un an entre l'or et l'inflation américaine, mais 0,0 % à vingt ans. Le sommet nominal de janvier 1980 (850 USD l'once) n'a été dépassé en pouvoir d'achat réel qu'en septembre 2025, quarante-cinq ans plus tard, sans le moindre coupon entre-temps.